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| Résumé de la section |
|---|
| 1. Introduction :
transport hydraulique des solides |
| 2. Suspensions décantables et
non décantables |
| 3. Production de
suspensions solides-liquides |
| 4. Transport hydraulique des suspensions décantables |
| 5. Transport hydraulique des suspensions non décantables |
| 6. Calculs pratiques |
Cette page explique ce qu'est le transport hydraulique des solides, sous forme de suspension (également appelée boue), les différents types de suspensions (décantables et non décantables) et comment calculer la perte de charge d'un écoulement de suspension dans les conduites.
Les solides sont omniprésents dans les industries de procédés. La question de leur transport au sein des usines doit donc être résolue. Le transport pneumatique peut être une solution, mais pour certaines applications, notamment dans les industries minières, le transport hydraulique des solides sous forme de boue présente de nombreux avantages. Le transport hydraulique peut être effectué sur de longues distances et, souvent, la boue (dans le cas des suspensions non décantables) peut être utilisée directement dans d'autres opérations de procédé.
L'exploitation minière devient de plus en plus importante, voire stratégique, compte tenu de la ruée vers les terres rares dans le monde. Il est possible de prévoir que le transport hydraulique des solides gagnera alors en popularité.
La manipulation des solides en suspension n'est cependant pas une opération triviale. Cette page vise à donner au lecteur un aperçu du transport hydraulique des solides et à présenter les principales notions intéressantes pour les transformateurs.
Lors de la manipulation de suspensions de solides dans des liquides, il est fondamental de comprendre la nature de la suspension, à savoir s'il s'agit d'une suspension décantable ou non décantable.
Les suspensions décantables se séparent rapidement en deux phases, les solides se déposant au fond de la conduite ou du réservoir où elles sont manipulées. À l'inverse, les suspensions non décantables sont plus stables et les particules solides restent en suspension même si le mélange est au repos ou transporté en écoulement laminaire.
| Type de suspension | Taille des particules | Fluide | Comportement |
| Suspension décantable | > 40 microns Parfois bien plus gros |
Faible viscosité | Les solides ont tendance à se déposer au fond de la conduite si la turbulence est insuffisante |
| Suspension non décantable | < 30 microns (si faible viscosité, peut être plus grand si la viscosité est augmentée) | Viscosité élevée (ou le mélange solides + liquide résultant a une viscosité élevée) | Les solides restent en suspension, ce qui permet un transport en écoulement laminaire ou turbulent. La viscosité du mélange est non newtonienne |
Les procédés de production de boues solides-liquides sont généralement composés des étapes suivantes :
Les suspensions décantables (boues décantables) ont pour caractéristique de se séparer facilement en deux phases : les particules au fond et le liquide en haut d'une conduite horizontale, si la turbulence est insuffisante.
Plus la vitesse du fluide est élevée et l'écoulement turbulent, plus la suspension apparaîtra homogène, bien qu'avec de grosses particules solides, il puisse ne pas être possible d'éviter un gradient de concentration avec plus de particules au fond de la conduite.
À une vitesse de fluide plus faible, les particules commenceront à se déposer au fond de la conduite, formant une suspension hétérogène. Lorsque la vitesse est suffisamment basse, une couche de solides se formera. Tant que la vitesse reste suffisamment élevée, au-dessus d'une vitesse critique, la couche formera un lit fluidisé mobile, mais à une vitesse encore plus faible, en dessous de la vitesse dite de saltation, le lit de solides deviendra stationnaire (il n'y a alors plus de transport des solides).

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Figure 1 : régimes d'écoulement des suspensions sédimentables
Selon les caractéristiques des solides transportés, notamment la taille des particules, il est plus ou moins facile de maintenir les particules en suspension dans un fluide de faible viscosité. Le guide suivant, issu de [Perry], peut être utilisé comme règle empirique :
| Diamètre des particules |
Caractéristiques de la suspension pour les conduites horizontales |
| < 10 microns | Généralement entièrement en suspension |
| 10-100 microns | Généralement entièrement en suspension avec un gradient de concentration |
| 100-1000 microns | Généralement transporté sous forme de lit glissant au fond de la conduite, peut être entièrement en suspension à haute vitesse |
| 1000-10000 microns | Transporté sous forme de lit mobile |
| >10000 microns | Ne peut être mis en suspension sauf si très léger |
La vitesse typique, selon [Perry], est de 1 à 3 m/s
Pour des particules solides données, un liquide de faible viscosité et un débit de solides, la perte de charge varie significativement avec la vitesse du fluide et le régime d'écoulement.
La perte de charge est généralement minimale entre le régime de lit glissant et l'écoulement hétérogène, ce qui signifie qu'il est industriellement intéressant d'opérer dans ces régimes pour économiser de l'énergie. La perte de charge est plus élevée une fois la saltation survenue, car seule une partie de la conduite est disponible pour le liquide. La perte de charge augmente fortement pour atteindre un écoulement homogène et tend à se rapprocher de la perte de charge du fluide seul aux vitesses élevées.
Pour une même vitesse de liquide, la perte de charge est plus élevée si la concentration en solides augmente.

Figure 2 : Profil de perte de charge des suspensions sédimentables
en fonction de la vitesse du fluide
Dans la littérature [Perry], la vitesse minimale de transport permettant de passer d'un écoulement en lit glissant à un écoulement hétérogène est souvent notée VM2, la transition entre écoulement hétérogène et écoulement homogène est souvent appelée VM1.
Les corrélations suivantes permettent de calculer VM1 et VM2.
La vitesse minimale de transport VM2 peut être estimée via l'équation de Durand :
VM2 = FL. [2.g.D.(s-1)]0,5
Avec :
VM2 = vitesse minimale de transport (passage du lit glissant à la suspension hétérogène)
FL = facteur de Durand = 2,43*C\_v1,3/C\_d1,4
g = accélération de la pesanteur
s = ρs/ρl = rapport de la masse volumique des solides à celle du liquide
Cv = concentration en solides (fraction volumique)
Cd = coefficient de traînée d'une particule isolée = 4/3*(g.d\_p
.(s-1))/U\_tpt
p = diamètre de la particule
Ut = vitesse terminale de sédimentation d'une particule isolée
FL peut également être déterminé graphiquement (noter qu'il s'agit d'un graphique approximatif, car nous ne pouvons reproduire l'original).

La vitesse de transition pour un écoulement homogène V\_M1 peut être estimée grâce à l'équation suivante :

Avec :
VM1 = vitesse de transition entre écoulement hétérogène et
écoulement homogène
D = diamètre intérieur de la conduite
Ds = diamètre des particules (85 % en masse < D\_s)
ρM = densité du mélange de suspension
μ = viscosité du liquide
s = ρs/ρl = rapport de la densité des solides à celle du liquide
Le calcul de la perte de charge d’un écoulement de suspension décantable en conduites n’est pas direct. Il existe également plus de corrélations disponibles pour l’écoulement horizontal que pour l’écoulement vertical.
Plusieurs corrélations semblent disponibles, mais aucune n’est totalement satisfaisante. [Shamlou] rapporte des corrélations établies par Newitt pour des particules de taille comprise entre 2 et 600 microns, de densité entre 1,18 et 4,60, et avec une fraction volumique de solides allant jusqu’à 37 %. Newitt propose différentes formules selon le régime d’écoulement :
Lorsque la vitesse > 1800.g.D.Ut, l’écoulement est homogène
Écoulement homogène : 
Lorsque la vitesse < 1800.g.D.Ut, l’écoulement est hétérogène
Écoulement hétérogène : 
Lorsque la vitesse est < 17.Ut, il s’agit d’un écoulement en lit fluidisé glissant
Écoulement en lit glissant : 
Avec :
iT = perte de hauteur manométrique totale par unité de longueur due à
l’écoulement de la suspension
if = perte de charge par frottement dans la conduite pour l’écoulement du liquide seul
= 2.ff.Vm²/(2g.D)
ff = facteur de frottement de Fanning pour le fluide seul
Cv = concentration en solides (fraction volumique)
s = ρs/ρl = rapport de la densité des solides à celle du liquide
g = accélération de la pesanteur
D = diamètre intérieur de la conduite
Vm = vitesse moyenne de la suspension
Ut = vitesse terminale de sédimentation d’une particule isolée
Une autre corrélation proposée par Newitt et al. permet d’estimer la perte de charge d’une suspension décantable s’écoulant dans une conduite verticale. Cette corrélation a été développée avec des solides de densité comprise entre 1,2 et 4,6 et des tailles de particules entre 100 et 3800 microns.

Avec : iT = perte de hauteur manométrique totale par unité de longueur due à
l’écoulement de la suspension
if = perte de charge par frottement dans la conduite pour l’écoulement du liquide seul
= 2.ff.Vm²/(2g.D)
ff = facteur de frottement de Fanning pour le fluide seul
Cv = concentration en solides (fraction volumique)
g = accélération de la pesanteur
D = diamètre intérieur de la conduite
Vm = vitesse moyenne de la suspension
dp = diamètre des particules
Contrairement aux suspensions décantables, les suspensions non décantables sont plus stables et peuvent rester homogènes même à faible vitesse, voire en régime laminaire. Il est possible d’obtenir de telles suspensions en utilisant des particules solides très fines (< 30 microns), ou en augmentant suffisamment la viscosité du fluide pour que la vitesse de sédimentation soit très faible.
Les interactions entre les particules et le fluide conduisent à des comportements rhéologiques spécifiques, non newtoniens :
Ces différents comportements rhéologiques peuvent être identifiés grâce aux diagrammes de cisaillement. Pour en savoir plus sur les fluides non newtoniens, vous pouvez consulter cet article de MyEngineeringTools.com : lien.





La viscosité apparente des suspensions non décantables n’est pas constante en fonction du taux de cisaillement. Cela signifie qu’une valeur de viscosité "unique" ne peut pas être utilisée dans les calculs, contrairement aux fluides newtoniens. Il est nécessaire d’approximer la rhéologie complexe à l’aide d’un modèle.
L’un des modèles les plus utilisés, capable de représenter correctement les suspensions pseudoplastiques et dilatantes, est le modèle de la loi de puissance. En traçant le diagramme de cisaillement sous forme logarithmique, on obtient souvent une droite. Il est alors possible d’identifier deux paramètres, K' et n' (pente), qui permettent de modéliser la viscosité du fluide :
τ = K'.γⁿ'
Avec :
τ = contrainte de cisaillement
γ = taux de cisaillement
n' = degré de comportement non newtonien (0 < n' < 1 pour les matériaux pseudoplastiques ; n' > 1 pour les matériaux dilatants ; n' = 1 pour les fluides newtoniens)
K' = indice de consistance du fluide
K' et n' peuvent être calculés expérimentalement à l’aide de viscosimètres à tubes capillaires ; la viscosité apparente à un taux de cisaillement donné peut ensuite être déterminée.
5.2.2 Calcul de la perte de charge
Comme pour les suspensions décantables, de nombreuses corrélations sont proposées pour calculer la perte de charge des suspensions non décantables. Ces corrélations présentent différents niveaux de précision, et une prudence particulière doit être observée lors de leur application.
Étant donné que la viscosité est non newtonienne, il est nécessaire de définir un nombre de Reynolds généralisé pour les calculs d’écoulement du fluide :

Avec :
ReGén = nombre de Reynolds généralisé
D = diamètre intérieur de la conduite
Vm = vitesse moyenne de la suspension
n' = degr\u00e9 de comportement non newtonien (0 < n' < 1 pour
les mat\u00e9riaux pseudoplastiques ; n' < 1 pour les mat\u00e9riaux dilatants ; n' =
1 pour les fluides newtoniens)
K' = indice de consistance du fluide
\u00c9coulement laminaire
En \u00e9coulement laminaire, l'\u00e9quation du nombre de Reynolds g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 permet d'obtenir une expression simple pour calculer le facteur de frottement de Fanning :
ff = 16 / ReG\u00e9n
avec :
f\u208F = facteur de frottement de Fanning = (D.\u0394P/4L)*(\u03c1.V\u208B\u00b2/2)m2/2)2
Il est alors possible d'estimer la perte de charge de mani\u00e8re relativement directe.
\u00c9coulement turbulent
L'\u00e9coulement turbulent est bien plus complexe et des corr\u00e9lations de diff\u00e9rents degr\u00e9s de pr\u00e9cision et de complexit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es.
Parmi les diff\u00e9rentes corr\u00e9lations cit\u00e9es par [Shamlou], celle de Dodge et Metzner peut \u00eatre mentionn\u00e9e :
Avec :
f\u208F\u208T\u208S = facteur de frottement turbulent pour un \u00e9coulement dans des tubes \u00e0 parois lisses
ReG\u00e9n = Nombre de Reynolds g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9
n' = degr\u00e9 de comportement non newtonien (0 < n' < 1 pour
les mat\u00e9riaux pseudoplastiques ; n' < 1 pour les mat\u00e9riaux dilatants ; n' =
1 pour les fluides newtoniens)
Les calculs pr\u00e9c\u00e9dents ne prennent pas en compte les singularit\u00e9s de tuyauterie telles que les coudes ou les raccords. Pour les fluides non newtoniens, il existe peu de corr\u00e9lations d\u00e9velopp\u00e9es. Il semble qu'en \u00e9coulement pleinement turbulent, le comportement soit similaire \u00e0 celui des fluides newtoniens, cependant, il est tr\u00e8s diff\u00e9rent en \u00e9coulement laminaire. [Shamlou] propose, en 1\u00e8re approximation, de consid\u00e9rer une longueur \u00e9quivalente de 12 m\n pour les coudes \u00e0 90\u00b0.
Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les corr\u00e9lations ne sont pas tr\u00e8s pr\u00e9cises, d'autant qu'elles ont g\u00e9n\u00e9ralement une plage de validation tr\u00e8s \u00e9troite. Il est donc crucial de les utiliser uniquement pour des v\u00e9rifications pr\u00e9liminaires, mais pas pour un dimensionnement d\u00e9taill\u00e9. Le dimensionnement d\u00e9taill\u00e9 d'une nouvelle installation, avec une suspension inconnue, doit \u00eatre bas\u00e9 sur des essais exp\u00e9rimentaux \u00e0 une \u00e9chelle la plus proche possible de l'application industrielle future.
Source